Identifier une
météorite
Plusieurs
méthodes permettent de savoir si une pierre trouvée en prospection
est bien une météorite ou non. En voici un bref aperçu,
les plus simples à mettre en oeuvre étant présentées
en premier. Une chose est importante à garder à l'esprit : les
météorites sont très rares et une pierre que vous ramassez
a toutes les chances d'être terrestre, même si son aspect est "intéressant".
- La première
méthode est bien évidemment l'observation de
la pierre. Une météorite présente généralement
une croûte de fusion noirâtre ou marron caractéristique,
résultat de la fusion superficielle de la matière lors de la traversée
de l'atmosphère. Elle présente aussi parfois des regmaglyptes
ou des lignes d'écoulements. Bien-sûr, il faut pour cela que la
météorite soit bien conservée. Si c'est souvent le cas
dans les déserts, il en va tout autrement dans les régions tempérées,
où quelques dizaines d'années en terre peuvent suffire à
rendre méconnaissable, par exemple, une météorite ferreuse.
Les chondrites y ont une meilleure tenue mais subissent, elles aussi, une oxydation
plus ou moins importante. Une caractéristique commune à la plupart
des météorites est aussi de présenter une densité
importante (souvent entre 3 et 4 fois celle de l'eau), d'être très
compactes, solides, non poreuses et de surface assez régulière.
Plus de 90% des pierres présentées aux spécialistes pour
expertise sont terrestres. Beaucoup d'entre elles ont un aspect pouvant induire
en erreur le profane, voire des collectionneurs chevronnés. On les appelle
"fausses météorites" ou "Meteorwrongs". Je
vous recommande à ce sujet une visite préliminaire sur
cette page de la WUSTL, qui vous permettra de vous familiariser
avec les fausses météorites et ainsi les éviter.

Croûte
de fusion (uniforme à gauche, craquelée à droite)
En haut à droite des photos : cassure montrant l'intérieur de
la météorite
- La deuxième
méthode est le "test de l'aimant". Presque
toutes les météorites contiennent du fer et du nickel en plus
ou moins grande quantité. Une pierre qui n'attirerait pas un aimant,
même faiblement, a toutes les chances de ne pas être une météorite.
Tous les chasseurs de météorites se baladent avec un aimant dans
leur poche, afin de tester in situ l'intérêt de ramasser telle
ou telle pierre d'aspect intéressant. Les aimants les plus puissants
pour bien remplir ce rôle sont les aimants en terre rare Neodymium.
Mais cette condition, si elle est nécessaire, n'est pas suffisante, car
certaines pierres terrestres attirent également l'aimant, telles les
magnétites par exemple.
- L'aspect
intérieur d'une météorite est généralement
très caractéristique. Couper une pierre (à l'aide d'une
disqueuse munie d'un disque diamanté) est souvent la meilleure façon
de savoir si on est face à une chondrite (80% des météorites)
: la tranche présente des chondres (sphérules millimétriques)
plus ou moins nets et nombreux. Ces chondres sont impossibles à trouver
dans des roches terrestres, leur présence est donc une preuve formelle
de l'origine extraterrestre d'une pierre. La présence de petites inclusions
métalliques, plus ou moins denses suivant la richesse en fer-nickel de
la météorite, est aussi très caractéristique. Attention
cependant : toutes les météorites ne sont pas des chondrites !
Une pierre ne présentant pas de chondre n'est pas forcément à
rejeter.
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| Chondrite
ordinaire |
Chondrite
carbonée |
- Figures
de Widmanstätten et lignes de Neumann : Si la coupe laisse découvrir
une masse métallique relativement uniforme, il est possible qu'il s'agisse
d'une sidérite (météorite ferreuse). Un test efficace pour
en avoir le cœur net est de polir la coupe et de l'attaquer à l'acide
nitrique. L'apparition de figures de Widmanstätten ou de Neumann est un
indice suffisant pour être sûr d'être en possession d'une
météorite ferreuse. Ces figures ne se formant qu'à l'intérieur
des météorites, du fait d'un refroidissement extrêmement
lent. Attention cependant, les Ataxites (qui représentent néanmoins
un infime pourcentage des météorites) présentent parfois
des figures de Widmanstätten, mais qui ne sont pas visibles à l'œil
nu.
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| Figures
de Widmanstätten |
Lignes
de Neumann |
- Test
du nickel : La présence de nickel dans une pierre est un indice
sérieux de son origine météoritique. Un seul réactif
permet de mettre en évidence la présence de nickel dans un échantillon
: la dimethylglyoxime. Même s'il demande quelques précautions de
manipulation (lunettes et gants de protection, dans un local bien aéré),
le mode opératoire est relativement simple : réduire en poudre
un échantillon de 1g de la pierre à tester et le dissoudre dans
de l'acide nitrique modérément chauffé (au bain-marie).
Ajouter quelques gouttes d'acide chlorhydrique. Laisser refroidir et ajouter
un peu d'ammoniaque. Après avoir filtrer si besoin, ajouter quelques
gouttes de solution alcoolique de dimethylglyoxime. Un précipité
rouge-brun indique la présence de nickel.
Si après tout cela vous pensez vraiment être en possession d'une
météorite, je vous recommande d'entrer en contact avec le MNHN
(Musée National d'Histoire Naturelle) à Paris pour faire analyser
et enregistrer votre météorite. L'enregistrement peut-être
long, mais leurs analyses vous diront avec certitude si votre trouvaille est
une météorite ou non.
N'hésitez
pas à nous contacter par mail
si vous pensez être en possession d'une météorite. Nous
pourrons vous donner notre avis et éventuellement vous aider à
effectuer des tests.
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